10 juillet 2008

Le coin d'Ernestine

Le coin d’Ernestine

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Michel Tort, psychanalyste, Université Paris 7, nous racontait lors des Assises de l’Institut Emilie du Châtelet, le 30 juin 2008, comment la théorie psychanalytique restait prisonnière de sa dimension historique. L’arrivée par exemple de femmes dès 1920, parmi les premiers psychanalystes n’a rien changé à l’usage des stéréotypes de genre par ces messieurs. L’ordre historique de l’inégalité se trouvera ainsi justifié par la psychanalyse avec « l’ordre symbolique » sur la place du père, le « rôle séparateur » de la mère justifie encore les places respectives asymétriques du père et de la mère, de même la « transmission du nom » du père avec son « rôle transcendant » est confondu avec ce qui s’est créé au 10ème siècle pour assurer la transmission de la noblesse.

Il lui semble que la soumission à l’idéologie dominante a construit les résistances des psychanalystes eux-mêmes. Il citait un article paru dans Le Monde d’un psychanalyste célèbre qui s’élevait contre la candidature de « Ségolène, mère sévère » à la présidentielle, l’accusant de vouloir changer le «Référent » de nos sociétés donné normalement par le père, ce qui serait la fin des lumières et le retour aux ténèbres ! Pas moins !

Ces fantasmes masculins non analysés, dit Michel Tort, permettent au même psy célèbre de dénoncer l’égalitarisation comme "grand fantasme homosexuel", ou à un autre, Michel Schneider, d’avancer que l’égalité c’est la confusion des genres.

Les arguments du psy en question sont de 3 ordres:

  1. Le patriarcat étant un progrès historique, on ne peut pas jeter le père avec l’eau du bain.
  2. Le père est la culture, la mère la nature.
  3. L’inconscient ne connaît pas l’égalité, il est politiquement incorrect. C’est pourquoi l’inconscient phallique triomphe malgré notre désir d’égalité.

Une participante interrogeait M. Tort sur la fascination que Lacan continue d’exercer en France sur les intellectuels, alors que si l’on remplaçait dans ses écrits le mot femme par juif ou noir on déclencherait un scandale !

Je me disais en les écoutant qu’il y aurait tout un florilège des âneries proférées par la psychanalyse sur les femmes, j’en ai tant entendu moi-même… Et la difficulté c’est de faire la part du bon grain dans ce qui peut vous aider à vivre de la théorie et la pratique psychanalytique, de ce qui vous condamne. Le sujet est ouvert.

Posté par laurenced à 13:05 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Le coin d'Ernestine

    Je viens de lire, et je crois que je relirai plus tard, plus attentivement...
    Laurence je t'embrasse, à bientôt, ok ?

    Posté par Fauvette, 10 juillet 2008 à 14:00 | | Répondre
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