27 septembre 2009
Institut Emilie du Châtelet
L’IEC, Institut Emilie du Châtelet pour le développement et la diffusion des recherches sur les femmes, le sexe et le genre, « Domaine d’Intérêt Majeur » soutenu par la Région Ile de France, organise, parmi ses nombreuses activités, des Assises annuelles pour l’égalité des sexes, réunissant des chercheuses et chercheurs ainsi que des actrices et acteurs de la société civile.
Les Assises 2008
se sont déroulées chaque lundi après-midi de juin dans l’amphithéâtre du Conseil régional d’Île-de-France, sur le thème des
« Résistances à l’égalité entre les femmes et les hommes »
Nous avons le grand plaisir de vous faire part de la mise en ligne de cet événement :
un thème décliné en 5 domaines :
- pouvoir politique et économique ;
- travail et emploi ;
- système éducatif ;
- corps, sport et identités sexuées ;
- résistances intellectuelles.
Ces Assises ont réuni environ 600 personnes appartenant à des milieux très divers (enseignement, administration, associations, syndicats, partis politiques…). Elles ont été l’occasion de la signature de la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale par le Président du Conseil régional Jean-Paul Huchon.
Vous retrouverez sur ce site l’intégralité des 5 demi-journées. Vous pourrez visualiser l’ensemble des interventions, des tables rondes et des débats.
Institut Emilie du Châtelet
L’Institut Émilie du Châtelet
a le plaisir de vous inviter à la prochaine séance de son cycle de conférences :
« Quarante ans de recherches sur les femmes, le sexe et le genre »
Cette séance est consacrée à
NICOLE PELLEGRIN
historienne-anthropologue au CNRS (IHMC-ENS Paris), spécialiste des modalités matérielles de construction du genre dans la France d’Ancien Régime.
Elle a enseigné aux universités de Poitiers, Paris, Abidjan (Côte d’Ivoire), Laval (Québec), Rutgers (USA) et Utrecht (Pays-Bas), et elle s’occupe depuis longtemps de formation permanente à l’université de Poitiers.
Elle est l’auteure de nombreuses études
sur la construction vestimentaire du genre,
sur les tatouages religieux,
sur la clôture conventuelle,
sur les apprentissages féminins sous l’Ancien Régime
et sur les dictionnaires de femmes illustres (notamment celui de Fortunée Briquet, publié en 1804).
Elle est co-fondatrice et membre de la SIEFAR (Société Internationale pour l’Étude des Femmes d’Ancien Régime, http://www.siefar.org), ainsi que de Musea (musée virtuel d’histoire des femmes et du genre, http://musea.univ-angers.fr/), où elle a mis en ligne en 2004 une exposition : Les genres de Jeanne d’Arc.
Elle a récemment édité plusieurs ouvrages collectifs : un numéro de la revue Clio-Femmes, Histoires, Sociétés (Femmes travesties : un mauvais genre ?, 1999, avec Christine Bard), Lire les textes anciens. 25 documents poitevins des XVIIe-XVIIIe siècles (2005), Histoires d’historiennes (2006) et Tabliers au masculin, tabliers au féminin (2009). Ses travaux actuels concernent les voyageuses, traductrices et femmes de lettres de la fin de l’Ancien Régime.
Le samedi 17 octobre de 14h à 16h
Jardin des Plantes, Auditorium de la Grande Galerie de l’évolution
M° Austerlitz, Monge, Censier ou Jussieu
Entrée libre dans la limite des places disponibles
Prochaines séances :
* 14 novembre : Françoise Héritier, anthropologue, spécialiste des systèmes de parenté et des relations hommes-femmes, professeure émérite au Collège de France.
* 12 décembre : Pauline Schmitt Pantel, spécialiste de l’histoire des femmes dans l’antiquité grecque, professeure à l’Université Paris 1, membre du Comité scientifique de l’IEC.
* 9 janvier : Christine Planté, pionnière des études de genre en littérature française, professeure à l’Université de Lyon 2, membre du Comité scientifique de l’IEC.
16 septembre 2009
MAGE colloque
L’ÉGALITÉ ENTRE LES FEMMES ET LES HOMMES
À L’ÉPREUVE DES POLITIQUES ET DES DÉBATS PUBLICS
VENDREDI 9 OCTOBRE 2009
de 9 H 00 à 18 H 00
FORUM-DÉBAT
ORGANISÉ PAR LA MAIRIE DE PARIS
LE CNDF : COLLECTIF NATIONAL
POUR LES DROITS DES FEMMES
et
LE MAGE : groupe de recherche européen du CNRS « Marché
du travail et Genre en europe »
Salle des Fêtes de l’Hôtel de Ville de Paris
entrée par le 3, rue LOBAU 75 004 Paris
Inscription obligatoire obligatoire obligatoire avant le 5 octobre à l’adresse sui vante :
colloque9oct @paris .fr
Merci de préciser nom / prénom/ organisation/ adresse / contact
9 h 00
Accueil des participant-e-s
9 h 30 • 10 h 00
Ouverture du colloque
Anne Hidalgo \ Première Adjointe au Maire de Paris (sous réserve)
Suzy Rojtman \ CNDF
Margaret Maruani \ MAGE
10 h 00 • 10 h 30
Introduction
L’égalité entre les femmes et les hommes face aux réformes publiques
Fatima Lalem \ Adjointe au Maire de Paris, en charge de l’Égalité
entre les femmes et les hommes
Rachel Silvera \ économiste MAGE
11 h 00 • 13 h 00
Table-ronde
L’égalité face face aux politiques d’emploi
Les lois récentes en matière d’emploi (loi sur le travail, l’emploi et le pouvoir d’achat, introduction du revenu de solidarité active,
loi sur les « droits et devoirs des demandeurs d’emploi », etc.)
ont des conséquences en matière de genre qu’il convient d’analyser ; de même, l’on s’interrogera sur le bilan de l’égalité professionnelle dans le monde du travail.
Animation
Françoise Milewski \ économiste OFCE
Intervenant-e-s
Pierre Concialdi \ économiste IRES
Michel Miné \ juriste CNAM
Elisabetta Pernigotti \ CNDF
Ghyslaine Richard \ CGT
Laurence Laigo \ CFDT
Déjeuner libre
14 h 30 • 16 h 00
Table-ronde
L’égalité face aux politiques sociales et familiales
L’objectif est d’étudier les enjeux actuels de la politique familiale,
les menaces sur le service d’accueil de la petite enfance
et l’évolution des congés parentaux ; on doit aussi s’interroger
sur les droits et les conditions de travail des femmes migrantes
et sans-papières, ainsi que sur les risques réels de fragilisation
du droit des femmes à disposer de leur corps.
Animation
Jeanne Fagnani \ sociologue Université Paris I
Intervenant-e-s
Hélène Périvier \ économiste OFCE
Annick Coupé \ Union syndicale Solidaire
Violaine Husson \ CIMADE
Danielle Gaudry \ Planning familial (sous réserve)
Pause
16 h 30 • 18 h 00
Table-ronde
Égalité diversité : Ni avec, ni sans toi …
Comment peut-on concevoir les liens entre égalité,diversité et discriminations, que ce soit sur un plan théorique ou plus pragmatique dans le monde de l’entreprise ?
Animation
Rachel Silvera
Intervenant-e-s
Marie-Thérèse Lanquetin \ juriste Université Paris X
Jacqueline Laufer \ sociologue Groupe H EC
Réjane Sénac \ politologue ENS
Chahla Beski \ ADRIC
18 h 00
Conclusion
Maya Surduts \ porte-parole du CNDF
03 août 2009
Institut Emilie du Châtelet
ASSISES DE L’IEC
Égalité des sexes et sexualités
Les lundis 28 septembre, 5, 12 et 19 octobre 2009
de 13 heures à 18 heures 30
Veuillez noter que la séance du 28 septembre « Egalités des sexes et sexualités » aura lieu à l’hémicycle de la Région Ile de France (57 rue de Babylone, 75007 Paris), mais que les séances du 5 octobre, du 12 octobre et du 19 octobre se dérouleront à la Résidence Internationale de Paris (44 rue Louis Lumière, 75020 Paris).
INSCRIPTION OBLIGATOIRE EN LIGNE : http://www.imapsfrance.org/formulaire_iec.htm
En matière de sexualité, les comportements des femmes et des hommes tendent à se rapprocher, et les attitudes sont devenues plus tolérantes à l’égard des orientations sexuelles, quelles qu’elles soient. Pourtant la sphère de la sexualité reste l’une de celles où les principes d’égalité s’instaurent le plus difficilement.
L’objectif des Assises de l’Institut Émilie du Châtelet, qui se tiendront les lundis 28 septembre, 5 12 et 19 octobre 2009, est d’identifier les domaines dans lesquels se manifestent inégalités et discriminations en matière de sexualité. Ces Assises seront aussi l’occasion de penser les formes que pourraient prendre les actions et mobilisations pour l’égalité. Les droits reproductifs et sexuels font partie des droits fondamentaux d’une citoyenneté moderne, mais leur exercice ne paraît jamais totalement garanti, et pas forcément accessible à toutes les femmes. Les violences sexuelles qui touchent les jeunes (mineurs et majeurs) sont l’objet d’une véritable hantise sociale, mais restent peu connues et peu prises en charge. Dans les domaines culturels et artistiques, les représentations des sexualités sont devenues plus libérales, mais on peut se demander comment agir pour qu’elles donnent une image plus équilibrée des rapports entre femmes et hommes. Enfin, même si la visibilité des orientations homo-bi et transexuelles a beaucoup progressé, les discriminations restent multiformes et affectent fortement les modes de vie.
Quatre après-midi de débats sont proposés, correspondant chacun à une de ces grandes questions. Les séances comprendront deux tables rondes, organisées autour de chercheur-e-s et de membres de la société civile et politique. L’objectif est de permettre des échanges croisés avec le public et de faire surgir des conclusions, voire des propositions.
Lundi 28 septembre 2009
Droits sexuels et reproductifs : « le privé est politique »
Coordination : Maïté Albagly et Mariette Sineau
Lundi 5 octobre 2009
Jeunesses et violences sexuelles : analyser et prendre en charge
Coordination : Catherine Louveau et Armelle Andro
Lundi 12 octobre 2009
Représentations culturelles et artistiques des sexualités, ou comment faire bouger les normes
Coordination : Michel Bozon et Clara Domingues
Lundi 19 octobre 2009
Orientations sexuelles : de l’acceptation des diversités à la lutte contre les discriminations
Coordination : Nathalie Bajos et Anne-Marie Viossat
Cahiers du Genre 46/2009
Vient de paraître
Cahiers du Genre 46 / 2009
État / Travail / Famille : « conciliation » ou conflit ?
Ce numéro présente des travaux comparatifs centrés sur les politiques sociales et familiales mises en œuvre dans différents pays au cours de la période récente. Les auteur·e·s s’intéressent à l’impact de ces politiques publiques sur la vie professionnelle et la vie familiale des femmes et à leurs effets globaux, notamment en termes d’emploi, de fécondité, de care.
Coordonné par Jacqueline Heinen, Helena Hirata et Roland Pfefferkorn
Lire l’introduction et les résumés des articles sur http://cahiers_du_genre.pouchet.cnrs.fr/
Sommaire
Jacqueline Heinen, Helena Hirata et Roland Pfefferkorn: Politiques publiques et articulation vie professionnelle / vie familiale (Introduction)
Olivier Giraud et Barbara Lucas: Le renouveau des régimes de genre en Allemagne et en Suisse : bonjour ‘néo maternalisme’ ?
Fiona Williams, Constanza Tobío et Anna Gavanas: Migration et garde des enfants à domicile en Europe : questions de citoyenneté
Dorottya Szikra et Dorota Szelewa: Welfare et socialisme : de certains concepts relatifs au genre
Jacqueline Heinen: Les politiques familiales en Europe de l’Est : d’une époque à l’autre
Isabelle Attané et Catherine Scornet: Vers l’émancipation ? Politiques reproductives et condition des femmes en Chine et au Viêt-Nam
Bila Sorj et Adriana Fontes: Les politiques publiques au Brésil et l’articulation entre travail et famille. Une comparaison interrégionale
Hors-champ
Virginie Rozée: La domination masculine et l’image de la madresposa. L’exercice des droits reproductifs et sexuels des femmes boliviennes
Lecture d’une œuvre
Marie Garrau et Alice Le Goff: Différences et solidarités. À propos du parcours philosophique d’Iris Marion Young
Cahiers du genre
Journée internationale d'études organisée par les Cahiers du Genre et le CRESPPA
(Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris)
Genre, politiques sociales, citoyenneté
vendredi 25 septembre 2009 - 9h-18h
à l'Université Paris Descartes, Centre des Saints Pères, 45 rue des Saints Pères 75006 Paris,
amphithéâtre Claude Bernard, bâtiment principal, 3e étage.
Attention: entrée gratuite, mais inscriptions obligatoires avant le 10 septembre 2009 auprès de Karima Ghembaza: karima.ghembaza@gtm.cnrs.fr
La traduction simultanée sera assurée
Veuillez trouver ci-joint le programme: Programme_25_septembre_09
13 mai 2008
revue Travail, Genre et Sociétés
le numéro 19/2008
"Les femmes, les arts et la culture"
Frontières artistiques, frontières de genre
de la revue Travail, genre et sociétés
vient de paraître
HOMMAGE
Annie Labourie-Racapé
présenté par Jacqueline Laufer, Thérèse Locoh et Margaret Maruani
DOSSIER
coordonné par Marlaine Cacouault-Bitaud et Hyacinthe Ravet
Les femmes, les arts et la culture- Frontières artistiques, frontières de genre
Les vertus de la reproduction
Séverine Sofio
Les musiciennes : de la pionnière adulée à la concurrente redoutée
Florence Launay
Démocratiser les musées : une profession intellectuelle au féminin
Aurélie Peyrin
Tenter, rentrer, rester : les trois défis des femmes instrumentistes de jazz
Marie Buscatto
MUTATIONS
Les grillons du foyer municipal, les femmes au foyer en politique
Marion Paoletti
La (re)production des rapports sociaux de sexe : quelle place pour l’institution scolaire ?
Marie Duru-Bellat
CONTROVERSE
coordonnée par Rachel Silvera autour du thème: Flexicurité et genre, un angle mort ?
Pour vous abonner http://www.tgs.cnrs.fr/abonnement.htm
21 mars 2008
Black feminism
Black Feminism
« Toutes les femmes sont blanches, tous les Noirs sont hommes, mais nous sommes quelques unes à être courageuses »
Sous ce titre magnifique paraissait en 1982 aux États-Unis une anthologie de textes fondateurs des études féministes noires : un titre qui dénonçait la double exclusion des femmes noires d’un féminisme blanc et bourgeois et d’un nationalisme noir sexiste. Ces féministes noires ont créé un mouvement politique d’une importance unique en ce que, d’emblée, il s’est constitué sur la dénonciation d’une oppression simultanée de race, de classe, de sexe et du modèle de sexualité qui va avec.
Les textes présentés dans ce recueil du Black feminism – le premier en France – explorent sur une période de trente ans les thèmes de l’identité, de l’expérience singulière, de la sororité, de la sexualité, comme la place dans les institutions, les coalitions nécessaires et les alliances possibles, les formes culturelles de rébellion et de lutte, le passage de témoin entre générations.
Pourquoi, en France, ex-puissance coloniale, l’équivalent d’un féminisme noir n’a-t-il pas existé ? Ces textes, par leur vitalité et leur perspicacité politiques, invitent à poser cette
question et à s’interroger autrement sur les faux-semblants de l’universalisme républicain comme sur les points aveugles du féminisme français.
Michele Wallace, Combahee River Collective, Audre Lorde, Barbara Smith, Hazel Carby, bell hooks, Laura Alexandra Harris, Patricia Hill Collins, Kimberly Springer, Beverly
Guy-Sheftall.
Textes choisis et présentés par Elsa Dorlin, maître de conférence en philosophie à l’Université de Paris1 Panthéon-Sorbonne.
Sommaire
Introduction : Black feminism Revolution !
La Révolution du féminisme Noir !
Elsa Dorlin
Une féministe Noire en quête de sororité
Michele Wallace
Déclaration du Combahee River Collective
Combahee River Collective
Transformer le silence en paroles et en actes
Audre Lorde
Racisme et études féministes
Barbara Smith
Femme blanche écoute !
Le féminisme noir et les frontières de la sororité
Hazel Carby
Sororité : la solidarité politique entre les femmes
Bell hooks
La construction sociale de la pensée féministe Noire
Patricia Hill Collins
Féminisme noir-queer : le principe de plaisir
Laura Alexandra Harris
Une troisième vague du féminisme Noir ?
Kimberly Springer
Réponse d’une féministe de la “ deuxième vague ” à Kimberley Springer
Beverly Guy-Sheftall
BLACK FEMINISM- Anthologie du féminisme africain-américain, 1975-2000, Editions L'Harmattan
ISBN : 978-2-296-05104-1; Prix 25 € ; 262 pages
20 septembre 2007
Blog Cercle InterElles
Naissance d’un blog :Cercle InterElles
http://interelles.canalblog.com/
Le Cercle InterElles, réseau de réseaux de femmes, est né en 2002 de la rencontre de femmes d’entreprises à dominante technologique : IBM, France Telecom, Schlumberger, General Electric Healthcare, rejointes depuis par l’ESA (European Spatial Agency), Air Liquide, EDF, Lenovo et Areva.
Elles ont choisi de s’associer entre entreprises à dominante technologique. La problématique en effet est spécifique. Traditionnellement dirigées par des ingénieurs, ces entreprises ont intégré des femmes par les emplois subalternes (les demoiselles du téléphone par exemple), puis par les ressources humaines, le commercial et la communication. Mais les emplois valorisés, à dominante technique, pour des profils issus d’écoles d’ingénieurs qui construisaient les parcours d’accès aux postes de direction, sont restés longtemps des bastions masculins.
Le Cercle InterElles s’est donné pour objectif d’échanger et de partager les pratiques d’entreprises qui ont déjà un réseau actif de femmes dans un environnement scientifique ou technologique. La mise en commun de ces pratiques a pour but de favoriser le développement des carrières des femmes et de proposer les actions favorisant la mixité à tous les niveaux des entreprises.
Le cercle InterElles organise des chantiers thématiques pour alimenter la réflexion et l’action de chaque entreprise du Cercle, ainsi qu’un colloque annuel à l’occasion de la journée internationale de la femme. Sur son nouveau blog vous trouverez les travaux des chantiers présentés lors du colloque du 8 mars 2007 :
Codes masculins/féminins
Egalité salariale
Mixité, des intentions à une réalité durable
Femmes et sciences : ça commence à l’école
20 mars 2007
Nouvelles du monde 2
Retrouver du plaisir dans le travail
Idées noires ? Coup de blues ? Craquer ? Pleurer ? Crier ? Se taire ? S’arrêter ? RTT ou congé de maladie ? Partir ? Changer de job ? Et s’il y avait une autre solution ?
Jamais sans mon psy, c’est le titre d’un article trouvé sur un site québécois (http://www.canoe.com/artdevivre/carrieres/). Il présente une pratique qui parait maintenant bien développée au Canada le PAE : programmes d’aide aux employés, soit des programmes de soutien psychologique dont les coûts sont assumés par les employeurs. La majorité des experts employés dans les PAE sont des psychologues. Mais on y trouve aussi des travailleurs sociaux, des psycho-éducateurs, des conseillers d’orientation et même des avocats. Ces programmes aident les employés à résoudre les difficultés rencontrées dans leur travail et ayant une incidence sur leur travail, comme sur leur vie personnelle.
Le nombre de séances de 2 à 10 est définit avec l’employeur. La consultation a lieu en dehors de l’entreprise, pour garantir la confidentialité. Si le problème s’avère plus complexe, la personne est adressée ailleurs et l’employeur cesse de payer.
Je vous entends déjà hurler : manipulation, remise aux normes ou encore assistanat ! « Pour chaque dollar investi en santé mentale, un employeur économise de 3 à 8 $ en frais médicaux et en absentéisme » déclare Eveline Marcil-Denault, psychologue dans une firme deuxième plus important fournisseur de PAE. « Ce n’est pas nous qui avons inventé la mondialisation, les fusions, les réorganisations d’entreprises et la compétitivité » ajoute-t-elle « nous répondons à un besoin ». En 2001, on a évalué à 70% les firmes canadiennes dotées d’un tel programme.
Pour Charles-Henri Amheerdt, professeur et chercheur à la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke, les thérapies des PAE visent surtout à rendre les travailleurs plus résistants au stress et à les adapter à l’entreprise, pas à faire de la prévention. Il dénonce la néo-taylorisation, similaire aux erreurs du début du 20ème siècle, que l’on voit effectivement à l’œuvre dans les centres d’appels : mots choisis, durée de l’appel définie, réponse précise attendue. Aussi conclut-il « dans un contexte aussi robotisé, il n’est pas surprenant que le salarié vienne consulter ».
Ok, d’accord, bien sur. Et pourtant.
Pour avoir travaillé comme psychologue en entreprise, je sais quel gâchis on peut éviter en étant simplement capable d’écouter. D’entendre la dépression qui s’installe et fait sournoisement son œuvre de démolition. En disant simplement à l’autre : « Attention, il est temps de prendre soin de vous ». En étant capable d’entendre et de faire entendre à l’autre ce qui des difficultés actuelles dans le travail entre en résonance avec le passé et embrouille tout. En lui donnant des clés pour comprendre les conflits organisationnels dans lesquels il s’est fait piéger.
Il ne s’agit pas de thérapie, même brève. Juste d’un accompagnement le temps de quelques rendez-vous. Le temps de retrouver des repères. D’identifier comment reprendre pied. De faire des choix et parfois quelques compromis, qui ne sont possibles que lorsque la colère s’est calmée, parce que la dépression a pu être reconnue.
Et quel gâchis évité à peu de frais. Bien sur, en France c’est la sécurité sociale qui règle et pas l’assurance médicale de l’employeur… alors le coût… Chacun est libre d’aller se payer un psy. L’approche n’est pourtant pas la même : à court terme, centrée sur le problème et l’analyse du contexte professionnel. Pas les profondeurs avec une guérison « de surcroît » comme disent les bons freudiens. Qui généralement n’ont pas travaillé en entreprise et n’y comprennent pas grand-chose. Différent d’un coach aussi, réservé d’ailleurs aux revenus élevés.
Mais là où je rejoints complètement Charles-Henri Damherdt, c’est dans l’appel qu’il fait au plaisir. Aux personnes que j’aidais, une fois les difficultés ciblées, j’assignais comme objectif de « se faire plaisir ». Chaque jour, se demander : qu’est-ce que je peux faire pour me faire plaisir ? Trouver chaque jour une façon, même toute petite, de se faire plaisir.
Damherdt propose de développer le « flow ». C’est la sensation de fluidité associée au plaisir ressenti par quelqu’un qui aime ce qu’il fait. Il peut se vivre au travail, dans les loisirs, dans les relations interpersonnelles. Pour lui une personne sera en bonne santé émotionnelle, si elle fait souvent l’expérience du flow. Il a intégré cette notion dans ses recherches et déplore que le marché du travail ne s’en préoccupe pas plus.
Comment le trouver ou le retrouver ? Il propose d’identifier ce que l’on aime vraiment, puis de trouver les passerelles possibles avec ce qui est mis en œuvre dans l’activité professionnelle. Par exemple, à une personne qui aime chanter et travaille dans un centre d’appels, il propose de « mettre en valeur une certaine diction, une sonorité, un rythme de la voix ».
Et pour celles qui veulent en savoir plus :
« Vous que je connais mais en même temps que je ne connais pas, écoutez-moi quelques instants. Vous avez déjà ressenti le bien-être, la joie, le bonheur. (…) Chose certaine, c'est qu'à un certain moment de votre vie, vous avez pris conscience que vous aviez perdu cette chose-là. Était-elle perdue définitivement ? (…) Pour ma part, je suis porté à répondre par la négative à cette question. Si la flamme n'est plus là, les braises, elles, sont encore bien présentes. Elles ne sont pas éteintes, du moins tant que la personne est en vie. »
C’est la présentation que fait Charles-Henri Damherdt de son ouvrage « La santé émotionnelle au travail », paru en 2005 chez Demos.













